Comment garder une bonne vision d’ensemble des finances de votre cabinet? Est-il suffisant de lister vos recettes et vos dépenses ou faut-il tenir une comptabilité «double»? Êtes-vous assujetti-e à la taxe sur la valeur ajoutée? Voilà le genre de questions que se posent aussi bien les nouveaux propriétaires de cabinets que les thérapeutes de longue date qui souhaitent gagner en efficacité. Dans notre blog, Paola Giannini Sidler, économiste, thérapeute et enseignante, résume les points les plus importants.

Comptabilité simple ou double? Suis-je soumis-e à la TVA?

L’obligation de tenir une comptabilité en Suisse dépend de la forme juridique de votre entreprise ainsi que du chiffre d’affaires que vous réalisez au cours de l’année comptable (exercice). Il existe par conséquent quatre catégories d’entreprises:

  • Catégorie 1: entreprise individuelle dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à CHF 100 000
    Il suffit de tenir un simple compte de vos recettes et de vos dépenses (= comptabilité simple) ; vous n’avez pas besoin non plus de décompter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
  • Catégorie 2: entreprise individuelle dont le chiffre d’affaires annuel se situe entre CHF 100 000 et CHF 500 000
    Vous pouvez tenir une comptabilité simple (compte des recettes et des dépenses), mais devez cependant décompter la TVA, sauf si vous en êtes exonéré-e, ce qui est possible pour de nombreux thérapeutes (> plus d’informations à ce sujet).
  • Catégorie 3 : Sàrl, SA et toute entreprise dont le chiffre d’affaires annuel se situe entre CHF 500 000 et CHF 5 millions
    Vous devez tenir une comptabilité double et effectuer un décompte simple de la TVA.
  • Catégorie 4 : entreprise dont le chiffres d’affaires annuel est supérieur à CHF 5 millions.
    Vous devez tenir une comptabilité double et effectuer un décompte effectif de la TVA.

Comptabilité simple: les grandes lignes en bref

On entend par «comptabilité simple» – aussi communément appelée «carnet du lait» – la saisie de toutes les recettes et dépenses et la date à laquelle ces transactions ont eu lieu. Pour la caisse et le compte bancaire ou postal, il est recommandé de tenir des listes séparées contenant les colonnes suivantes:

  • N° de justificatif
  • Date
  • Description (nom et motif du paiement)
  • Recette en CHF
  • Dépense en CHF
  • Solde (pas obligatoire mais recommandé, afin de conserver une vue d’ensemble)

Afin de dissocier clairement les domaines privé et professionnel, il est conseillé d’ouvrir un compte séparé pour le cabinet et de tenir une caisse ou un porte-feuille séparés.

Comme pour la comptabilité double, le principe suivant s’applique : «Pas d’enregistrement sans justificatif». Les pièces justificatives (reçus, factures, tickets de caisse) doivent être numérotées et conservées de manière systématique. Utilisez le même système pour les justificatifs sous forme électronique et papier.

Comptabilité double: les grandes lignes en bref

Dans la comptabilité double, chaque recette et chaque dépense sont enregistrées deux fois. Le compte sur lequel la transaction a lieu est saisi (caisse ou compte bancaire) ainsi que le motif pour lequel l’argent a été utilisé (loyer, formation, matériel, etc.) ou perçu (thérapie, vente de produits, etc.).

Dans la comptabilité double, il est aussi possible d’inscrire au bilan de l’exercice en cours les factures émises durant cet exercice, mais qui ne seront payées que l’exercice suivant (débiteurs), ou d’assigner correctement les factures que vous avez payées durant l’exercice en cours, mais qui concernent l’exercice suivant (créditeurs).

Les instruments nécessaires à la comptabilité double sont les comptes d’actif et de passif ainsi que les comptes de profits et de pertes.

Debit credit

Solutions dans la pratique: comment tenir ma comptabilité facilement?

Solution 1 : liste Excel (comptabilité simple)

  • Sur votre ordinateur, vous créez un tableau Excel dans lequel vous saisissez vos recettes et vos dépenses pour la comptabilité, et vous faites clairement apparaître le motif de la transaction en lui attribuant une catégorie (ex. «recette tirée de traitements», «dépense de formation», etc.).
  • En créant vos factures avec HealthAdvisor Tarif 590, vous avez la possibilité d’exporter vos recettes directement dans un rapport Excel depuis le système.
  • C’est encore plus facile si vous utilisez la fonction exportation des données comptables de HealthAdvisor: vous pouvez y définir une fois pour toutes la structure souhaitée et exporter ensuite automatiquement la liste (avec des informations relatives au mode de paiement, etc.).

Solution 2 : un logiciel de comptabilité (comptabilité simple et double)

  • Vous choisissez un logiciel de comptabilité (de nombreuses solutions existent sur le marché suisse). Il existe également des solutions logicielles à destination des cabinets, avec comptabilité intégrée.
  • De nombreux thérapeutes utilisent par exemple «Banana Comptabilité» (www.banana.ch/fr). Ce logiciel permet de gérer la comptabilité simple et double.
  • Quelle que soit la solution que vous choisirez, vous pourrez facilement, à partir de HealthAdvisor Tarif 590, créer des fichiers d’exportation pour tous les formats de comptabilité, que celle-ci soit simple ou double. Pour Banana Comptabilité, tout est déjà prédéfini. Quant aux autres solutions, vous pourrez définir vous-même la structure d’exportation, puis créer le fichier d’exportation souhaité en un simple clic.

Solution 3 : mandater une société fiduciaire (comptabilité simple et double)

  • De nombreux thérapeutes tiennent eux-mêmes leur comptabilité durant l’année (avec une liste Excel par exemple), puis confient l’établissement de leurs comptes annuels et leur déclaration fiscale à une société fiduciaire.
  • Si vous travaillez avec HealthAdvisor Tarif 590, la fiduciaire peut se charger des exportations directement à partir du système, aussi bien pour la comptabilité simple que la comptabilité double.

Le choix d’une solution logicielle pour votre cabinet dépend de différents facteurs:

  • le nombre de factures (notes d’honoraires) et de ventes de produits à l’année
  • vos connaissances informatiques (utilisation du PC)
  • vos connaissances en comptabilité
  • le temps dont vous disposez
  • votre budget

Vous aimeriez approfondir ce thème?

Si vous souhaitez en savoir plus sur la comptabilité ou la taxe sur la valeur ajoutée et trouver une solution personnelle pratique pour 2019 ou pour plus tard, nous vous recommandons de suivre le séminaire reconnu comme formation continue : «Buchhaltung einfach gemacht» de Paola Giannini Sidler («Le b.a. ba de la comptabilité»; séminaire en allemand et italien / français sur demande):

Vous trouverez toutes les informations sur le séminaire ici.

Les clientes et clients de HealthAdvisor qui s’inscrivent au séminaire d’ici le 26 octobre 2018 bénéficient d’une réduction de CHF 20.– sur le prix du séminaire. Veuillez saisir le code de promotion «health1018».

Remarque : en tant que thérapeute, ai-je la possibilité d’être exonéré-e de la TVA ?

Si vous remplissez les trois conditions suivantes, vous êtes exonéré-e de la TVA même si votre chiffre d’affaires annuel est supérieur à CHF 100 000:

  • En vertu de l’art. 35 de l’ordonnance régissant la taxe sur la valeur ajoutée (OTVA) du 27 novembre 2009 (état au 30 janvier 2018), l’activité doit être exercée par un fournisseur de prestations au sens de la loi. L’art. 35, al. 2, cite expressément les naturopathes et autres personnes pratiquant l’art de guérir, les praticiens en thérapeutiques naturelles et les masseurs médicaux.
  • Le fournisseur de prestations dispense des traitements médicaux au sens de la loi. Selon l’art. 34, al. 1 de l’ordonnance régissant la TVA, sont réputés traitements médicaux «le diagnostic et le traitement des maladies, des blessures et d’autres troubles corporels ou mentaux de l’être humain, de même que l’exercice d’une activité servant à prévenir les maladies et les troubles de la santé de l’être humain.»
  • Le fournisseur de prestations doit disposer d’une autorisation de pratiquer une profession de la part du canton. Est assimilée à une autorisation cantonale de pratiquer une profession la confirmation du canton selon laquelle la personne concernée a le droit de dispenser des traitements médicaux à des personnes malades ou blessées et est autorisée à exercer sa profession. Un document qui établit que la profession peut être exercée sans autorisation ne constitue pas une confirmation dans le sens cité précédemment.

Étant donné que certains cantons ne connaissent pas l’obligation d’autorisation pour l’exercice de certaines professions thérapeutiques ou qu’ils ont aboli celle-ci, il existe à cet égard une inégalité de traitement entre les thérapeutes des différents cantons. Certaines associations professionnelles s’efforcent d’apporter des changements à cette situation en vue d’assurer l’égalité de traitement.

Vous trouverez de plus amples informations sur la TVA dans l’Information TVA 21 concernant le secteur Santé, publiée par la Confédération ici.